8 janv. 2023
17h00
Eglise de Walferdange
CONCERT 1 - DAS NEUGEBORNE KINDELEIN

Ce programme très original propose la création d’un Oratorio de Noël imaginaire constitué au départ d’œuvres de compositeurs allemands du XVIIe siècle. Une grande partie de ces œuvres est inédite et provient de la très riche collection Düben conservée à la bibliothèque de l’Université d’Uppsala.


Toutes ces pièces sont organisées de façon à évoquer les principales scènes de l’histoire de la Nativité: les principaux personnages y sont représentés, Marie, Joseph, l’archange Gabriel, les anges, les bergers, les rois mages, Siméon.


Ils apparaissent dans des compositions qui appartiennent au genre des histoires sacrées, depuis le dialogue de l’Annonciation entre l’archange Gabriel et Marie, jusqu’à la scène où Marie et Joseph cherchent Jésus au Temple, en passant par l’arrivée des Rois Mages conduits à la crèche par les anges.


En contrepoint à ces scènes narratives des grands ensembles évoquent la foule de anges et des bergers, l’adoration de la foule devant la crèche... Les instruments jouent un rôle important dans cette célébration festive et apportent des colorations contrastées.

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ENSEMBLE CLEMATIS
Capucine Keller &
Julia Wischniewski
soprano
Paulin Bündgen
ténor
Philippe Favette
basse
Stéphanie de Failly &
Florence Malgoire
violon
Ellie Nimeroski
alto et violon
Jorlen Vega Garcia
alto et violon
Sarah Van Oudenhove
basse de viole
Jérôme Lejeune
basse de viole et Krumhorn
Elsa Frank &
Schalmey
flûte à bec, Krumhorn et
basson
Arnaud Condé
basson, Krumhorn, flûte à bec
et bombarde
Brice Sailly
orgue
Brice Sailly &
Stéphanie de Failly
direction
Jérôme Lejeune
conception du programme
PRIMA PARS
Choeur d’ouverture
(Pour le Couronnement de Marie)
-
Wolfgang Carl Briegel
Dies ist der Tag der Fröhligkeit

L’ANNONCIATION


Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.


Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme? L’ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. (Évangile de Luc)


Maria gegrüßet seist du


Johan Schelle

Nun komm der Heiden Heiland à 6

LES ANGES

Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! (Évangile de Luc)


Christoph Bernhard

Fürchtet euch nicht


Andreas Hammerschmidt

Freude, große Freude


Michael Praetorius

Es ist ein Ros’ entsprungen

LES BERGERS ET L’ADORATION À LA CRÈCHE


Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. (Évangile de Luc)


Christian Flor

Pastores currite in Bethlehem


Michael Praetorius

Puer natus in Bethlehem


Andreas Hammerschmidt

Ach mein herzliebes Jesulein


Heinrich Schütz

O bone Jesu, fili Mariae


Franz Tunder

Ein kleines

Kindelein

SECUNDA PARS
Thomas Selle
Angelus ad Josephum

LES ROIS MAGES

Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents: de l’or, de l’encens et de la myrrhe. (Évangile de Matthieu)


Dieterich Buxtehude

Wie schön leuchtet der Morgenstern


Andreas Hammerschmidt

Wo ist der neugeborne König

LA PRÉSENTATION AU TEMPLE


Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, – suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, – et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur. Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.


Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit: Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, Salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple. (Évangile de Luc)


Johann Rudolf Ahle

Herr, nun lässest du deinen Diener

CONCLUSION


David Pohle

Nascitur Immanuel


Johann Christoph Bach

O Freudenzeit, o Wundernacht

O JESULEIN...

C’est à Heinrich Schütz (1585-1672) que l’on attribue l’écriture des premiers oratorios en Allemagne au XVIIe siècle. Chaque fois qu’il a abordé ce genre nouveau venu d’Italie, il l’a fait avec des moyens très différents. Son oratorio de Noël se caractérise par la grande variété des colorations instrumentales liées à l’évocation des différents protagonistes de la narration évangélique: les anges, les bergers, les Rois mages... Dans une dimension plus modeste, le hambourgeois Thomas Selle (1599-1663) nous a laissé une composition du même esprit. Bien plus tard, Johann Sebastian Bach retiendra ce modèle en apportant dans la composition de son oratorio de Noël l’une des orchestrations les plus variées de ses compositions sacrées.


En 2021 année du 350e anniversaire du décès de Schütz, nous avons voulu lui rendre hommage avec la création de cet oratorio de Noël imaginaire qui illustre à tant d’égards le modèle qu’il a offert à son temps et à ses successeurs. Comme quelques-uns de ses contemporains, Schütz a réalisé une parfaite fusion entre la tradition polyphonique luthérienne héritée de la Renaissance et les diverses influences de la musique italienne, qu’il s’agisse de l’illustration musicale des mots (ce que l’on appelle le „madrigalisme“, de la théâtralisation des scènes religieuses ou de l’association des instruments au discours vocal.


Les compositeurs réunis ici sont soit quelques-uns de ses contemporains, soit d’une façon ou d’une autre, ses héritiers.


Michael Praetorius (1571-1621) était à la fois réputé comme compositeur et comme théoricien; ami de Schütz il est entre-autres l’auteur d’une synthèse sur tous les aspects de la vie musicale de son temps: Syntagma Musicum (1619). Cet ouvrage nous apporte également une très abondante information sur tous les instruments de l’époque et sur leur usage. Dans l’instrumentation de ce programme nous avons été attentifs à l’apport des couleurs particulières que peuvent apporter certains instruments à ce répertoire. Les Krumhorns (tournebouts et non pas cromornes en français!) sont encore utilisés en Allemagne à cette époque; Praetorius les mentionne encore dans l’instrumentation de certains motets. Parmi les instruments basse à anche double, si l’usage du basson s’est généralisé durant le XVIIe siècle, la bombarde basse est encore attestée jusqu’à la fin du siècle, entre autres dans certaines compositions de Buxtehude sous l’appellation de „bombardo grosso“. Le Ranket (cervelas en français) dont les orgues imitent souvent le timbre coloré et doux n’a pas véritablement disparu et a même connu une version tardive au début du XVIIIe siècle. Durant le XVIIe siècle, l’instrument soprano de la famille des bombardes a peu à peu évolué vers des modèles qui annoncent le hautbois; en Allemagne, c’est sous le nom de Schalmey que cet instrument est mentionné dans quelques rares partitions; nous n’avons pas résisté au fait d’utiliser une copie faite au départ d’un original conservé à Amsterdam principalement dans des pièces associées à l’évocation des bergers.


C’est à Michael Praetorius que nous avons emprunté deux célèbres chorals de noël, Puer natus in Bethlehem qui convient particulièrement bien à la sonorité des Krumhorns et Es ist ein Ross entsprungen est devenu un chant de Noël qui a franchi les siècles et les frontières: nous le connaissons par exemple avec les paroles françaises Dans une étable obscure.


Le compositeur le plus abondamment représenté dans ce programme est Andreas Hammerschmidt. Il est né à Brüx, en Bohème, en 1611 ou 1612. Après la Réforme, la Bohème revenant sous la tutelle de l’Église catholique, la famille Hammerschmidt s’installe à Freiberg, en terre luthérienne, en 1629. C’est là qu’il peut parfaire sa formation de musicien, vraisemblablement auprès du cantor Christoph Demantius. Hammerschmidt est aussi organiste et on suppose qu’il a pu étudier auprès des deux organistes de la ville, Balthasar Springer et surtout Christoph Schreiber. Après avoir été organiste de la chapelle du comte Rudolf von Bünau au château de Weesenstein, il succède à Schreiber au poste d’organiste de la Petrikirche à Freiberg. Il est ensuite organiste de la Johanneskirche à Zittau, poste qu’il occupe jusqu’à la fin de sa vie. Bien que sa réputation d’organiste et même d’expert est importante, on n’a conservé aucune composition pour orgue de sa plume.


Par contre, Hammerschmidt nous a laissé un assez imposant catalogue d’œuvres éditées; à côté de trois recueils de musique vocale profane (lieder, madrigaux allemands), de trois recueils de musique instrumentale (essentiellement de la musique de danse à cinq parties), il a édité entre 1639 et 1671 une quinzaine de recueils de compositions sacrées ainsi que quelques compositions pour diverses circonstances. Avec une telle quantité de recueils édités, il occupe à cet égard une place équivalente à celle de Schütz; ce dernier avait d’ailleurs une grande estime pour Hammerschmidt, ce que l’on peut voir dans le poème élégiaque qu’il lui dédie en tête de sa Chor Music auff Madrigal-Manier (1652). L’essentiel des pièces retenues de Hammerschmidt appartient au domaine très particulier des „histoires sacrées“, un genre dérivé de l’oratorio. Sous une forme véritablement théâtralisée, Maria gegrüßet seist du et Wo ist der neugeborne König nous font vivre les scènes de l’Annonciation et de l’arrivée des Roi mages. Dans ces pièces, les instruments constituent en quelque sorte un décor.


Le répertoire allemand de cette époque comporte également des pièces instrumentales basées sur des chorals luthériens; c’est le cas évidemment d’un imposant répertoire de pièces d’orgue dont nous instrumentons l’un des versets d’un choral de Buxtehude et surtout de la fantaisie polyphonique sur le choral de l’Avent Nun komm der Heiden Heiland de Johann Schelle, l’un des prédécesseurs de Johann Sebastian Bach à Leipzig.


Franz Tunder (1614+1667) organiste de la Marienkirche de Lübeck, maître de Dieterich Buxtehude, fondateur des célèbres Abendmusiken (concerts de musique sacrée), aurait séjourné en Italie où il aurait rencontré Girolamo Frescobaldi. L’air Ein kleines Kindelein est typique de l’écriture de Tunder avec la présence d’une Sinfonia d’introduction et de l’usage des cordes en dialogue avec la voix.


La vie de Johann Rudolph Ahle (1625-1673), organiste, théoricien et compositeur, nous conduit dans les villes qui seront celles 

des débuts de la carrière de Johann Sebas- tian Bach, principalement à Mühlhausen, sa ville natale, où il fut organiste à l’église

Saint-Blaise et exerça même les fonctions de conseiller communal, devenant, à la fin de sa vie, bourgmestre de la cité thuringienne.


Son œuvre sacrée comporte plus d’une vingtaine de recueils édités entre 1647 et 1669. On y trouve toutes les caractéristiques des compositions de ses plus illustres contemporains. L’un de ses principaux opus est intitulé Neu-gepflanzte Thüringische Lust-Garten (littéralement „Les jardins des plaisirs de Thuringe récemment plantés“). Ce recueil a la particularité de proposer des compostions qui font appel à une très grande variété de formations vocales et aux instrumentations les plus rares. Dans de nombreux cas, sachant que ses interprètes ne peuvent pas toujours disposer de toutes ses suggestions instrumentales, il leur laisse le choix entre différentes possibilités ce dont nous avons profité pour le Herr nun lässest du qui fait appel à des instruments graves, de le colorer avec les sonorités des altos, viole et basson. Certains de ces compositeurs sont également des disciples de Schütz.


C’est le cas de David Pohle (1624-1695). Après avoir achevé sa formation à Dresde avec Schütz, il occupa différentes fonctions, d’abord à la cour des ducs de Holstein-Gottorp à Schleswig, puis dans différentes cours saxonnes avant d’occuper le poste de Kapellmeister à la cour de Mersebourg. Une part importante de son œuvre est hélas perdue: il s’agit de compositions théâtrales sous forme de Singspiele écrits entre 1669 et 1679. Son œuvre religieuse, tant sur textes allemands que sur textes latins, aurait été composée principalement en 1663 et 1664, période durant laquelle il aurait écrit deux cycles complets de compositions pour les of- fices dominicaux de toute l’année liturgique. Nascitur Immanuel a la particularité de faire appel à un quatuor de violons! L’ordonnance de la composition annonce l’esprit de la cantate avec la succession de différents éléments: Sinfonia, Chœur, Airs et ritournelle et Chœur da capo. Nous nous sommes permis d’instrumenter de façons très colorées les différentes ritournelles des airs de cette cantate.


Originaire du Nord de l’Allemagne, c’est à Dantzig que Christoph Bernhard (1628-1692) reçoit sa formation avant d’occuper un premier poste de chanteur à la chapelle de la cour de Dresde, où il achève ses études avec Heinrich Schütz. Fait remarquable, en 1650, Bernhard séjourne à Rome où il rencontre Giacomo Carissimi. Compositeur de grand talent, il est actif ensuite à Hambourg, avant de revenir à Dresde où il décède en 1692. Chanteur réputé, il a concilié son expérience et sa connaissance de l’art vocal italien dans un traité dont le contenu est l’une des rares sources sur la technique vocale de cette époque: Von der Singe-Kunst oder Maniera. C’est avec l’une de ses compositions que nous avons illustré la scène de l’annonce de la nativité par l’Ange aux bergers.


Thomas Selle (1599-1653), est sans aucun doute l’un des compositeurs les plus oubliés parmi les contemporains de Schütz. Formé à Leipzig par Schein, c’est principalement à Hambourg qu’il a fait carrière. Contrairement à Hammerschmidt ou Ahle, ses œuvres n’ont pas été éditées de son vivant. Elles sont collectées dans une imposante collection de manuscrits conservés à Hambourg et qui viennent tout récemment de bénéficier d’un important travail éditorial. Angelus ad Josephum, comme beaucoup de ses compositions comporte un véritable chœur d’accompagnement pour les cordes nommé dans la partition „cappelae fidicinae“ (chœur des violons).


Christian Flor (1626-1697) est originaire du Schleswig-Holstein et est le descendant d’une famille de pasteurs. Il fait ses études auprès des grands organistes de Hamburg et Lübeck et passe l’essentiel de sa carrière à Lüneburg. Pastores currite in Bethlehem est à nouveau une sorte de scène théâtralisée entre l’Ange et les Bergers.


Wolfgang Carl Briegel (1626-1712) a fait ses études à Nuremberg, avant d’occuper divers postes à la cour de Gotha et surtout à Darmstadt. Son œuvre aborde de très nombreux genres de la musique vocale y compris l’opéra. Composition plus tardive Dies ist der Tag der fröhlichkeit apparaît également comme le prototype de la future cantate avec ses différentes sections aux formations variées et sa forme d’Aria da capo.


Il nous fallait un choral final pour cet oratorio imaginaire. Nous l’avons puisé dans une cantate du grand oncle de Johann Sebastian Bach, Johann Christoph (1642-1703). Ce choral en rythme ternaire et particulièrement festif avec ses guirlandes virtuoses pour les violons est la conclusion d’une cantate funèbre! Voilà qui est bien dans l’esprit luthérien qui considère que la mort est le chemin vers l’éternité. Selon une pratique que l’on rencontre dans le répertoire de l’époque, il nous a fallu trouver un choral de la période de Noël qui correspondait exactement, au rythme près, à la métrique du choral initial, ce que nous a offert O Freudenzeit, o Wundernacht! Nous apportons à cette conclusion festive l’usage d’un des accessoires les plus typiques des orgues d’Allemagne luthérienne, le „Zymbelstern“; il s’agit d’un jeu de clochettes qui provoque une sorte de scintillement sonore et qui était visualisé sur le buffet par une étoile qui tournait sur un axe... une étoile qui représente évidemment l’étoile du matin qui guide les rois mages, „Der Morgenstern“. Cet accessoire était principalement utilisé pour les chorals d’orgue de la période de Noël. Nul doute qu’il dû être utilisée aussi par les organistes qui jouaient la basse continue sur l’orgue de tribune. C’est le facteur d’orgues Dominique Thomas qui nous a conçu ce Zymbelstern portable.


Tout comme nous avons extrait ce choral final d’une autre composition, cette reconstitution d’un Oratorio de Noël imaginaire comporte également quelques emprunts fragmentaires. Le but était principalement d’assurer une construction aussi cohérente et continue que possible à cette réalisation. C’est tout d’abord le cas de la conclusion de l’air Fürchtet euch nicht de Christoph Bernhard. En effet, le dernier couplet de ce „concert spirituel“ met en musique les paroles non plus les paroles de l’Ange mais bien celles de la „troupe céleste qui louait Dieu“: „Gloire à Dieu au plus haut des cieux“. Afin de représenter véritablement cette „troupe céleste“ nous avons alors choisi une mise en musique polyphonique de ce texte; il s’agit de la section finale du motet O, ihr lieben Hirten de Andreas Hammerschmidt (Musicalische Gespräche, 1655).


Enfin, il convient de signaler qu’une grande partie du répertoire qui est réuni dans ce programme provient de la très riche Collection Düben conservée actuellement à la bibliothèque de l’université d’Uppsala. C’est Gustav Düben (1628-1690), organiste de l’église luthérienne de Stockholm qui avait réuni toutes ces copies de compositions de son temps; si l’on y trouve un peu de tout, y compris des pièces italiennes ou françaises, c’est principalement le répertoire luthérien qui y est collecté, et il faut savoir qu’une immense majorité de ce répertoire serait totalement perdu si ce musicologue passionné n’avait fait ce travail de collecte. Ainsi, sans la bibliothèque de Gustav Düben nous ne connaîtrions pas le sublime O Bone Jesu fili mariae de Schütz!


Jérôme Lejeune

CLEMATIS

C’est en 2001 que la violoniste Stéphanie de Failly crée l’ensemble CLEMATIS dont l’objectif est de travailler le répertoire méconnu du XVIIe siècle. Il aborde aussi bien le vaste répertoire italien que des œuvres allemandes ou françaises, avec toutefois un intérêt particulier pour les pages oubliées des compositeurs des Pays-Bas comme Nicolaus à Kempis, Carolus Hacquart ou Gioseffe Zamponi. C’est l’ensemble Clematis qui a réalisé la restitution et la re-création de son opéra Ulisse all’isola di Circe qui avait été joué pour la première fois à Bruxelles en 1650.


Formation à géométrie variable, l’ensemble CLEMATIS réunit, autour de sa fondatrice, des musiciens choisis en fonction des différents projets musicaux. Tous sont actifs au sein des meilleures formations baroques du moment. Outre ses prestations en Belgique, l’ensemble a donné de nombreux concerts à l’étranger: Pays-bas, Allemagne, France, Italie, Espagne, Israël, Pologne, Bolivie, Mexique, Russie...


En quelques années, grâce à ses concerts et sa riche discographie (Ricercar) saluée par de nombreux prix et critiques enthousiastes, CLEMATIS s’est imposé comme un ensemble de très haute renommée dans le domaine de la musique baroque.


CLEMATIS collabore également avec les autres ensembles et tout particulièrement le Chœur de chambre de Namur.


Depuis 2018, CLEMATIS est co-dirigé par la violoniste Stéphanie de Failly et le claveciniste Brice Sailly.


CLEMATIS bénéficie d’un Contrat-Programme avec

la Fédération Wallonie-Bruxelles.

www.clematis-ensemble.be

Stéphanie de Failly

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violin


Après avoir été formée par Véronique Bogaerts, Carlo Van Neste, Hermann Krebbers (Amsterdam), et Günter Pichler (Alban Berg Quartet), elle se perfectionne auprès de Sigiswald Kuijken et Florence Malgoire (Genève) pour le violon baroque.

Elle participe à de nombreux concerts en tant que violon solo ou co-soliste de divers ensembles de musique ancienne en Europe: Cappella Mediterranea, Ricercar Consort, Les Dominos Passionnée par la transmission de son expérience, Stéphanie de Failly est titulaire de la classe de violon baroque à l’académie de musique de Woluwé-Saint-Lambert.

Depuis 2016 elle est chargée de l’initiation des violonistes de formation classique au jeu „historiquement informé“ au Conservatoire Royal de Liège.

Elle est également invitée régulièrement pour donner des Master Classes dans différents conservatoires notamment à Bruxelles et Moscou, et pour préparer des orchestres „modernes“ pour l’interprétation du répertoire baroque.

Stéphanie de Failly joue sur un violon Giovanni Battista Rogeri de 1699.

Brice Sailly

-

orgue


Après avoir suivi l’enseignement d’Elisabeth Joyé, il poursuit sa formation au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il approfondit ses connaissances par la rencontre de personnalités comme Pierre Hantaï et Skip Sempé.

Continuiste recherché, Brice Sailly collabore avec de nombreux ensembles de renommée internationale.

Il fonde La Chambre Claire, ensemble avec lequel il enregistre un parcours dans l’œuvre de François Couperin pour la maison Ricercar (Choc de Classica, 5 Diapason).

Brice Sailly se produit en soliste et en récital lors des Folles Journées de Nantes, à La Roque d’Anthéron, au Festival de Saint-Riquier, salle Gaveau, à Lausanne, au théâtre du Renard, au Musée des Beaux-Arts de Chartres, à Rome, Reykjavik et Tokyo. Il enseigne au Conservatoire à Rayonnement Régional de Rueil-Malmaison.

Julia Wischniewski

-

soprano


Après un parcours au conservatoire d’Aix-en-Provence en piano et en alto, Julia Wischniewski étudie le chant au CNSM de Lyon, puis se perfectionne auprès de Magali Damonte. Elle se produit avec des ensembles ou orchestres comme Le Concert d’Astrée, l’Ensemble Clément Janequin, les Paladins, les Éléments, les Arts Florissants, l’Accademia Montis Regalis, les Passions, l’orchestre baroque de Stuttgart „Il Gusto Barocco“, ou encore avec l’orchestre du capitole de Toulouse, sous la direction de Tugan Sokhiev.

Aussi à l’aise en soliste qu’en ensemble vocal, elle chante régulièrement au sein de l’ensemble Jacques Moderne dirigé par Joël Suhubiette, avec lequel elle a notamment enregistré le Stabat Mater de Scarlatti.

Sa présence scénique fait d’elle l’interprète privilégiée de nombreux rôles d’opéra: elle est la Phrygienne et la doublure de Sonia Yoncheva pour le rôle de Vénus dans Dardanus de Rameau sous la direction d’Emmanuelle Haïm à l’Opéra de Lille, au Grand Théâtre de Caen, et à l’Opéra de Dijon. Elle rejoint Les Paladins et Jérôme Corréas pour la production de „La fausse magie“ de Grétry à la Fondation Royaumont, et endosse les rôles de la Chatte, de la Bergère et de la Chauve-souris dans „L’Enfant et les Sortilèges“ de Ravel sous la direction de François Leroux au Festival de Deauville. Elle chante régulièrement le rôle de Didon dans „Didon et Enée“ de Purcell.

Julia Wischniewski défend tous les répertoires avec exigence. Au grand Théâtre du Luxembourg elle interprétera le rôle de l’attachée de presse aux côtés de Dominique Visse, dans l’opera en création „Wonderful Delux“ de Brice Pauset, repris à l’Opéra de Rotterdam. Mais elle part également en tournée avec deux programmes de concert: l’un, autour de trois cantates de Händel avec l’Accademia Montis Regalis donné notamment au festival l’Unione Musicale de Turin, et l’autre, concentré sur les Lieder de Mozart avec le pianofortiste Giorgio Tabacco.

Avec l’artiste Jonah Bokaer elle sera au centre d’un programme autour de „Neither“ de M. Feldman, et „Didon et Enée“ de Purcell à New york et en tournée aux Etats unis.

Cette année Julia Wischniewski chante le rôle de Micaella de „Carmen“, et sera la comtesse dans les „Noces de Figaro“ sous la direction de Pierre Bleuse.

Capucine Keller

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soprano


Après un premier diplôme en Musicologie et Histoire des Religions à Genève, Capucine Keller obtient, avec les félicitations du jury, un Bachelor of Arts puis un Master d’Interprétation dans la classe de Brigitte Balleys à la Haute Ecole de Musique de Lausanne.

Sur scène, on a pu la voir dans plusieurs rôles d’opéra baroques (Valletto dans L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Ninfa, La Musica et Euridice dans l’Orfeo de Monteverdi, de la Second Witch et de la Second Woman dans Dido and Aeneas de Purcell, Vittoria Archilei, Anfitrite et Armonia dans La Pellegrina, La Folie et Clarine dans Platée de Rameau), Gioconda dans La Critica de Jommelli), mais également contemporains dont les rôles principaux de deux créations: Alice et les sortilèges (rôle d’Alice), une oeuvre de Robert Clerc commandée par l’Orchestre de Chambre de Lausanne et Psychose 4.48 (rôle d’„Elle“) de Blaise Ubaldini.

Ayant une affinité particulière pour la musique ancienne, elle chante également en concert et dans de nombreux enregistrements avec notamment Chiome d’Oro, dont elle est l’un des membres fondateurs, mais également la Cappella Mediterranea, Elyma, Clematis, Les Alizés, Les Traversées Baroques, L’Ensemble Clément Janequin, Geneva Camerata, Le Concert Impromptu, Consonance, etc.

Capucine Keller est également Directrice artistique du Festival La Folia à Rougemont (Suisse) depuis 2015.

Son actualité est à suivre sur http://www.capucinekeller.com.

Paulin Bündgen

-

contre-ténor


Paulin Bündgen chante au sein des ensembles Doulce Mémoire, les Paladins, Akadêmia, le Concert de l’Hostel-Dieu, la Fenice, Clematis, Elyma. Il aime également travailler avec Boréades, l’ensemble Clément Janequin, Vox Luminis, Capella Mediterranea, les Jardins de Courtoisie... et se produit en France, en Europe, aux États-Unis, en Turquie, au Maroc ou à Taïwan.

Il est l’invité des plus grands festivals d’Europe (Beaune, Innsbruck, Ambronay, la Chaise-Dieu, Calvi, Utrecht...) et de salles prestigieuses: les opéras de Versailles, Rennes, Tours, Reims; la Cité de la Musique et la Salle Gaveau à Paris, le Teatro Arriaga de Bilbao en Espagne, les Théâtres Royaux de Namur et Liège en Belgique.

Sa curiosité l’a amené à chanter dans les spectacles de danse de Sidi Larbi Cherkaoui, les Ballets de Monte-Carlo, la Cie Ana Yepes, Jean-Christophe Maillot, Il Ballarino, la compagnie Taïwanaise HanTang Yuefu.

Il aborde régulièrement le répertoire contemporain et a créé de nombreuses œuvres de Pierre-Adrien Charpy, Jean-Philippe Goude, Jacopo Baboni-Schilingi, Régis Campo, Pierre Bartholomée.

A l’opéra ou en spectacle, Paulin Bündgen a interprété divers rôles: Edimione (la Calisto de Cavalli), la Reine Rouge (Tea Time cheZ’ Alice), Mercurio (la Morte d’Orfeo de Landi), Floridor (les Frasques du Capitaine le Golif), Cirilla (Gli Amori di Dafne e Apollo de Cavalli), le Poète (Mémoire des Vents du Sud), Ottone (l’Incoronazione di Poppea de Monteverdi), Céladon (Il était une Bergère), dans des mises en scènes de Christophe Rauck, André Fornier, Philippe Vallepin, Alain Perroux, Jacques Chambon.


Sa discographie comprend plus de 25 CD et couvre un large répertoire allant de la chanson médiévale à la musique contemporaine. Paulin Bündgen a fondé en 1999 l’ensemble Céladon avec lequel il aborde la musique médiévale, renaissance et baroque.

Maxime Melnik

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ténor


Maxime Melnik est un jeune ténor belge originaire de Charleroi. Titulaire d’un Master spécialisé en chant à l’Institut supérieur de Musique et de Pédagogie (IMEP) de Namur, il complète sa formation en collaborant avec le Théâtre Royal de la Monnaie (Bruxelles) où il obtient le titre de MM Laureate et est aussi régulièrement invité en soliste par l’Opéra Royal de Wallonie (Liège).Ayant aussi un intérêt pour la musique ancienne et baroque, il devient en 2015 membre du Chœur de Chambre de Namur avec lequel il enregistre des œuvres polyphoniques de Roland de Lassus et de Jacques Arcadelt. Ce dernier lui donne aussi l’opportunité de participer au cycle Haendel du Festival de Beaune où il a interprété les rôles de Philistine et Messenger dans Samson et ceux de High Priest et de Witch of Endor dans Saul.

Lauréat de la Fondation Royaumont, il s’y perfectionne dans les répertoires baroques français, romains, vénitiens et anglais. Ces formations donnent lieu à une représentation en concert de La Morte d’Orfeo (S. Landi) au Festival de Royaumont où il chante Bacco et Mercurio ainsi qu’à une représentation scénique d’Acis and Galatea (G. F. Haendel) dans une mise en scène de Claus Guth dans laquelle il interprète Acis. Finaliste du Concours Voix Nouvelles 2018, il a déjà eu l’occasion de travailler sous la baguette de chefs comme René Jacobs, Christophe Rousset, Leonardo García Alarcón, Michel Plasson, Speranza Scappucci, Guy Van Waas, Giampaolo Bisanti et Paolo Arrivabeni.

Philippe Favette

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basse


Chanteur, chef de choeur et pédagogue, Philippe Favette consacre toute son énergie au service de la musique. Depuis l’enfance, la musique est sa passion. Dès huit ans il est abonné aux concerts de l’Orchestre Philharmonique de Liège. A dix ans il entre en classe de solfège au Conservatoire, à quatorze il chante déjà basse dans une chorale. Ensuite il fréquente le Choeur Symphonique du Conservatoire puis les choeurs de l’Opéra Royal de Wallonie où il décroche sonpremier contrat de choriste professionnel, métier bientôt partagé avec l’enseignement de la musique.

Titulaire de Diplômes Supérieurs en Chant et en Musique de Chambre obtenus au Conservatoire Royal de Liège, il devient membre du Collegium Vocale de Gand, et chante alors sous la direction de Philippe Herreweghe.

Il travaille ensuite avec différents ensembles en France (Arsys Bour gogne, Akadêmia), aux Pays-Bas (Nederlandse Bach Vereniging, Amsterdam Baroque) et en Belgique, principalement avec le Choeur de Chambre de Namur avec lequel il collabore très régulièrement.

En soliste ou en formation allant du quatuor vocal au choeur de chambre, il participe à de nombreux concerts et enregistrements sous la direction de chefs tels Patrick Davin, Paul Dombrecht, Leonardo Garcia Alarcon, Ton Koopman, Sigiswald Kuijken, Louis Langrée, Jean-Claude Malgoire, Marc Minkowski, Christophe Rousset, Jordi Savall, Jos Van Immerseel, Guy Van Waas, ...

Parmi les faits marquants de sa carrière de soliste, il faut noter: La création belge de Vigilia de Rautavaara avec le VRK, la création de Resurrection Cycle de Tan Dun avec l’ONB, les rôles de Caronte et Spirito dans l’Orfeo de Monteverdi à Bruxelles, Amsterdam, Paris, Helsinki, Buenos Aires, Rio de Janeiro..., l’enregistrement de cantates baroques avec l’ensemble Clematis (diapason d’or) ainsi que des prestations au Palais Royal de Bruxelles et au Château de Laeken.

CONCERT 2 - Concerto Copenhagen
22.01.2023 - 17h00
CONCERT 3 - LES TRAVERSÉES BAROQUES
5.02.2023 - 17h00
CONCERT 4 - Ensemble Delectus Cantionum
26.02.2023 - 17h00
CONCERT 5 - ENSEMBLE ASTROPHIL & STELLA
12.03.2023 - 17h00
CONCERT 6 - MUSIQUES SACRÉES À LA CATHÉDRALE DE PUEBLA
26.03.2023 - 17h00